Mais un arbre n’arrivait pas à ses fins, faible et constamment piqué par un martin pêcheur (non ce n’est pas Woody Woodpecker), il se laissait mourir petit à petit… tellement que ses branches finirent par s’affaler sur le sol.
Mais Mère Nature avait donné à ce petit végétal de la sève pour tenir des centaines d’années et les branches continuèrent de pousser malgré tout.
Un jour, sans crier gare, l’une d’entre elles atteignit l’océan, puis une seconde.
Nous, pauvres humains, ne voyons que la naissance d’une mangrove, mais si l’on regardait au cœur de la forêt, dans le tronc même du petit arbre, on verrait une lueur d’espoir l’envahir et de là nourrir l’espoir de devenir à son tour la mer… Ou au moins un palétuvier capable de vivre en harmonie avec elle, pour l’explorer jusque dans les fosses abyssales.
Dès lors, il devint le seul de la forêt à pouvoir raconter les découvertes les plus insolites qui soient et elles furent nombreuses. Car, dans les profondeurs où les coraux ne peuvent plus se développer, ses premières branches rencontrèrent le Calamar Cochonnet cherchant à se protéger d’animaux étranges comme la lotte de mer épineuse, puis elles croisèrent un Poulpe Dumbo. Ses ramifications permirent à un poisson chouette de jouer à cache-cache avec un étrange ami le poulpe à oreilles. Et, bien bien plus au fond juste à côté de la Gorgone Bubble Gum Rose la dernière branche rencontra…le Corail Bambou.
Si vous ne me croyez pas, rendez-vous à Callelongue - une sorte de bébé Calanque typiquement marseillaise- là, une jeune fille vous attendra sur un rocher pour vous compter toutes histoires qu’elle connait sur ces jolies petites bestioles qui peuplent nos océans.